L’Ile-de-France veut profiter du Brexit : « Nous avons des atouts mais la concurrence est sévère »

Alors que le Royaume-Uni s’apprête à changer de Premier ministre, l’Ile-de-France veut tirer profit du Brexit. La région pourrait attirer de grandes entreprises installées à Londres et les emplois qui vont avec.

Des entreprises de la City pourraient être attirées par la France après le Brexit.

Des entreprises de la City pourraient être attirées par la France après le Brexit.

La Chambre de commerce et d’industrie d’Ile-de-France veut le croire, elle a sa carte à jouer après le Brexit. Inquiètes, de nombreuses grandes entreprises risquent de quitter le Royaume-Uni. Avec la sortie du pays de l’Union européenne, elles pourraient ne plus avoir accès au marché européen. Avant le vote, la banque HSBC avait prévenu qu’elle envisageait de transférer 1.000 postes de Londres à Paris. Les sièges sociaux des grands groupes étrangers pourraient aussi déménager, tout comme certaines entreprises industrielles. Ces dernières qui exportent vers l’Union européenne pourraient en effet devoir payer des droits de douane à l’avenir.

Un « pouvoir d’attraction important » à Paris

En tout, la CCI de Paris Ile-de-France table sur 4.000 entreprises concernées qui pourraient potentiellement choisir la France. Pour Jean-Yves Durance, vice-président de la CCI, la capitale et sa région ont tout pour accueillir ces entreprises.

« Nous avons beaucoup d’atouts: le côté ville monde de Paris, le côté plate-forme de transport qui est située vraiment au milieu de l’Europe. Ensuite une offre immobilière tout à fait remarquable. La Défense, bien entendu et la qualité de vie. Il y a un pouvoir d’attraction qui est important », assure-t-il.

Fin juin, la présidente de la Région Valérie Pécresse a dit vouloir « dérouler le tapis rouge » aux entreprises de la City, déçues par le Brexit. Pour elle comme pour Manuel Valls, Paris doit saisir cette opportunité pour devenir « la première place d’Europe ». Une envie que partage Jean-Yves Durance, mais il appelle à agir. Les entreprises pourraient choisir Paris, « encore faut-il attaquer ce nouveau marché parce que d’autres ont commencé à le faire, comme Dublin. La concurrence est sévère », constate-t-il.

Privilégier « un contexte de dialogue social plus serein »

D’autres villes européennes cherchent en effet elles-aussi à tirer leur épingle du jeu et pour François Chaulet, directeur général de Montségur Finance, qui gère des portefeuilles financiers, « Paris n’est pas forcément la mieux placée ».

« On voit aujourd’hui la frilosité des investisseurs internationaux. Paris devient malheureusement de plus en plus une ville musée. Les entrepreneurs vont privilégier là où il y a de la visibilité, de la stabilité politique et fiscale et là où il y a un contexte de dialogue social plus serein », estime-t-il.

D’autres viles comme Francfort ou Madrid ont toutes leurs chances poursuit François Chaulet. « C’est une concurrence fiscale pour attirer les entreprises, attirer les capitaux. De très nombreux pays ont envie de capturer cette clientèle et ces investissements-là ». Il voit dans les mois à venir se dessiner « une compétition assez rude » entre les différentes places européennes.

 

Aurélia Manoli